Richesses symboliques : aide à l'interprétation.

Riches en symboles, les cartes Lenormand s'interprètent, on l'a déjà évoqué dans les rubriques "signification", aussi bien au sens propre qu'au sens figuré, elles peuvent représenter des personnages, définir le caractère d'une personne ou signifier son intériorité...

Prenons par exemple la carte Enfant : au sens propre, elle représente un enfant, celui du consultant, un enfant de son entourage ou bien encore, s'il est accompagné de cartes comme les Oiseaux, ou la Cigogne, (cartes auxquelles peuvent s'adjoindre la Lettre ou le Cavalier pour renforcer encore cette idée), l'enfant attendu, l'enfant à venir...

Accompagné des cartes Renard ou Poissons, l'Enfant indique que le consultant ou la personne à laquelle se rapporte la carte exerce une profession en rapport avec les enfants, la jeunesse : si la carte Livre est également présente, il peut s'agir d'un enseignant.

L'interprétation de cette carte est loin cependant de s'arrêter là, puisqu'elle renseigne aussi sur l'entourage amical, sur le caractère de la personne qui peut avoir une "âme d'enfant", être bonne, fraîche, pure... mais aussi immature et pas forcément fiable, puisque l'enfant est celui qui, par définition, n'a pas atteint sa "maturité", donc cette carte associée au Coeur peut traduire parfois une relation éphémère, pas stable... 

L'enfant évoque, d'une manière générale, la gaiété, la joie de vivre, l'insouciance, le printemps, en tant que saison (sens propre) ou bien le printemps de la vie, l'aube, le commencement de quelque chose.

Cette carte pourrait aussi d'une certaine façon être interprétée comme une invitation à profiter de la vie, à arrêter les prises de têtes, en référence à la fameuse devise "carpe diem" ("cueille le jour", profite du jour présent). Rappelez-vous le poème de Ronsard :

          Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
          Assise auprès du feu, dévidant et filant,
          Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :
          "Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle".

 

          Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
          Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
          Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
          Bénissant votre nom de louanges immortelles.

 

          Je serai sous la terre, et fantôme sans os
          Par les ombres myrteux je prendrai mon repos;
          Vous serez au foyer une vieille accroupie,

 

          Regrettant mon amour et votre fier dédain.
          Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
          Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

               Sonnets pour Hélène (1578).

                                       

 

 

Le Livre est intéressant à plus d'un titre, car si d'emblée, il évoque la connaissance, le savoir, peut désigner une personne cultivée, érudite, il  porte aussi en lui toute une charge de non-dit, de secret, de mystères latents...

Le Livre peut refléter la part de mystère qui couve en chacun de nous, se faire en quelque sorte écho de notre "jardin secret", cet espace reservé à nous seuls que nous ne voulons partager avec nul autre.

En nous, sont recélées les choses que nous connaissons, dont nous avons conscience, mais aussi celles qui nous échappent, que nous ne comprenons pas, que ne pouvons ou ne voulons pas voir, que nous n'avons pas percées à jour, que nous n'éluciderons pour certaines  jamais et cela, c'est notre part d'inconscient, ce qui est enfoui au plus profond de nous : le Livre peut s'en faire métaphore.

Les mots, comme les cartes, possèdent plusieurs degrés d'interprétation, c'est ce qui fait leur richesse, leur saveur, leur force aussi.

Les mots ne sont pas lisses, ils ne coulent pas de source, ce sont des montagnes qu'il faut conquérir, escalader, gravissant les échelons les uns après les autres, contournant les obstacles, bifurquant dans un sens, dans un autre, puis encore dans un autre... Il en est de même pour une carte à interpréter. Sa signification n'est jamais acquise, jamais limitée, jamais totale, les portes de la connaissance demeurent toujours ouvertes, elles invitent à une curiosité sans cesse renouvelée, en perpétuel mouvement.

Mots et cartes nous invitent à lire entre les lignes, à aller bien au-delà de ce qui est écrit sur le papier ou représenté sur l'image, à sonder, à tenter de percer à jour tout ce qui n'est pas dit, car c'est bien souvent au-delà de ce qui est exprimé que se trouve l'essentiel...

Une carte, comme un être humain, n'est et ne sera jamais complètement élucidée : il restera toujours une part tacite, et c'est précisément cela qui en fait le charme et l'intérêt : tout savoir de son prochain deviendrait vite ennuyeux, plat, sans attrait... Un paysage sans relief n'attire pas les regards... Ce qui les attire, c'est la diversité, la multitude des décors, les irrégularités du tracé, les zones de lumière, mais aussi les zones d'ombres, la variété des couleurs, des éléments, tout ce qui sollicite l'imaginaire, la réflexion, la pensée, tout ce qui évoque la vie sous sous ses multiples et infinies facettes.  

On ne voit du monde, des êtres, des choses qui nous entourent que la partie visible de l'iceberg...

 


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